Quand vient enfin l'automne et que les feuilles tombent
Ensuite vient l'hiver où seul le deuil est sombre
Quand vient aussi la pluie, que les champignons poussent
Contre le tronc des arbres, à côté de la mousse.
Il est une douceur, un parfum de printemps
Une petite scène du temps de nos vingt ans
Quand vient le vent violent et que les branches tremblent
Et que l'oiseau volant commet seul son esclandre
Que reste-t-il ici du fumée de nos vies ?
Des saisons d'autrefois qui nous donnaient envie
De partager le temps, de goûter la folie
De courir dans les bois sans le moindre souci.
De courir plus que vite, mais aussi lentement
De contourner tes lignes qui me faisaient frémir
De donner libre cours, à tous les sentiments
Par delà les collines, et tous mes souvenirs
Si je pouvais choisir, la saison éternelle
Ce ne serait pas l'hiver qui n'a que trop tué
Pas non plus le printemps qui a raison du gel
Et sûrement pas l'été, où tout vient à brûler
Mais ce serait l'automne, oh qu'il y fait bon vivre.
Le vin pris du tonneau fini par me rendre ivre.
Les fruits fournis sucrés réjouissent mon palet
Si l'automne se poursuivait, j'y construirai mon palais.
Je prendrais poliment la terre de mes mains
Que les saisons d'hier croisent encore mon chemin
Que le temps de naguère devienne mon destin
Si je pouvais t'aimer tu serais mon demain.
Mais je ne le peux pas, tu t'enfuis bien trop vite
Tu cours, tu voles, tu cris, tu franchis mes limites
Parmi les daims sauvages, j'ai perdu ta présence
Qu'importe, il n'y a pas d'âge ; tu donnes l'espérance.