L'été s'en est enfin allé, les plages sont lentes et désertes ;
Comme les très sombres allées sur mes grandes pages vierges
Ne se laisseront pas recouvrir d'une encre aussi aisément.
Nous lasserons-nous de courir entre les petits éléments ?
Les touristes s'en sont retournés, les cabines là ont disparu ;
Le sable triste est labouré, les vents sont désormais bourrus.
Il n'y a plus de baigneurs, la mer n'est pourtant pas gelée ;
Mais le soleil n'est pas présent, et la foule est trop esseulée.
Je suis seul sur la bande et je pense au temps qui change ;
Que tombe la pluie sur la lande et je danse comme un ange.
Légendes saisonnières, nul-ci ne prétend m'avoir vu ;
Que je sois donc un étranger, que je sois même un inconnu.
Nul qu'à que faire de moi, le décor est le seul acteur du festival,
Qui passivement se lasse des torts de l'ardeur estivale.
Que va devenir cette terre, quand l'hiver froid sera venu,
Quand le sable sera triste, abandonné, seul et ténu ?
Qui nous protégera d'elle, cette mer veut nous avaler.
Qui sauvera donc cette terre qui hante les coeurs cavaliers,
Voulant trotter sur la plage, telle une douleur montante,
Une couleur glissant sur la page, apportée vient donc d'importante ?
Les plages sont désormais très vides, pas silencieuses mais désertes
Et mes pages se remplissent alors d'une curieuse compensation
Prise d'otage de la poésie que nous ramènent, rieuses, les vagues
Un gage très fort d'hérésie est-il une forme de passion ?